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Ushuaïa et la Terre de Feu

La Patagonie Argentine, suite. Et fin.

Et fin du monde, paraît-il, car c’est écrit partout « Fin del mundo »… Étrange tout de même.
Ushuaïa…

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Vous imaginez ça comme dans la pub : une demoiselle prenant sa douche dans une belle cascade ? Eh bien, ce n’est pas du tout ça. Personne n’est assez fou ici pour aller se laver dehors, et encore moins pour aller barboter dans des eaux à 5°C. Publicité mensongère donc.

On est plus près du documentaire sur une terre reculée, même si on n’a pas croisé Nicolas.

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On est sur l’île de la Tierra del Fuego.

Bordée de côtes morcelées, entourée de plaines plus ou moins marécageuses, remplie de lagunes, en son centre jaillissent les derniers sommets andins qui disparaissent parfois dans les nuages.

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Nous sommes au début du printemps. Les paysages sont enneigés. Enneigés comme s’il venait de neiger (d’ailleurs, il vient de neiger), mais aussi enneigés comme si ça n’avait pas fondu depuis des semaines…

C’est féerique ; froid, mais féerique.

On y passe 5 jours, emmitouflés dans nos plus chauds vêtements. Ouf, les logements sont super bien chauffés. On est loin des chambres boliviennes à 10°C.

Le Parque Tierra del Fuego.

Tierra de nieve oui !!

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En fait, c’est encore un peu tôt dans l’année, le mois d’octobre, pour aller vadrouiller à de telles latitudes…

Il y a trop de neige, et beaucoup de chemins ne sont pas encore accessibles. Dans le parc, les 3/4 des sentiers sont encore fermés. Mais on réussi quand même à s’y promener toute une journée. Bon, sous la neige par contre. Et la balade devient parfois un parcours d’aventure dans la boue ! Ou dans la tourbe plus précisément.

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On croise par ci par là des oiseaux, et parfois même des gens. Bref c’est sauvage et plein de charme !

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Une balade sur les hauteurs de la ville, près du Glacier Martial, permet d’avoir une belle vue sur la baie.

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On marche sur une ancienne piste de ski. Le télésiège ne fonctionne plus donc les plus courageux montent à pied avec les skis ou le snow. En haut, le glacier est recouvert de neige, pas vraiment visible, mais les montagnes sont belles.

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Une autre randonnée hyper sympa est celle qui mène à la laguna Esmeralda, connue pour ses belles eaux couleur émeraude.

Le chemin est superbe. À cette saison, on marche sur un bon 50cm de neige tassée comme il faut. Et heureusement, parce qu’en dessous, ce sont des rivières et des marécages !

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Au bout d’une bonne heure on arrive à la lagune… elle aussi recouverte d’un demi mètre de neige ! Pour la couleur, faudra repasser, en été si possible. À la place se trouve une étendue de neige, sur laquelle on peut même marcher !

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Ici se trouve une lagune…

Et les pingouins, où c’est qu’ils sont hein ?

Alors, déjà, pas de pingouins dans le coin, mais des manchots. Mais comme on dit « Pingüinos » en espagnol et « penguin » en anglais, je ne vois pas pourquoi on ne parlerait pas de pingouins…

On espèrait les voir trottiner dans les rues de la ville, mais c’est raté. Dans les environs on les trouve uniquement sur l’île Martillo à une soixante de kilomètres à l’est d’Ushuaia. Ils viennent de l’Antarctique s’y reproduire et nicher d’octobre à mars. Quelques semaines plus tôt et on les loupait ! Tout ce voyage pour ne pas voir les manchots, pas moyen 😉

C’est donc parti pour un magnifique petit tour en bateau sur le canal de Beagle.

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Le phare les Eclaireurs
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Les Stars de l’Isla Martillo

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La voilà la ville la plus au sud du monde : Puerto Williams, au Chili.
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Tiens on a frôlé le 55 ème parallèle !

Et Buenos Aires ?!

Alors, on l’a visitée en peu de temps, dont une partie passée dans notre hôtel étoilé (avec sauna et jacuzzi dans la chambre s’il vous plaît !), et l’autre partie passée dehors sous la pluie (on a donc fait 3 musées en attendant que ça se calme)… Buenos Aires a des airs de Paris, grande ville moderne et agréable (et même climat 😉). Mais ce qu’on retient le plus c’est le Buenos Aires – Madrid…

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On nous a dit de goûter aux produits locaux !
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La Patagonie Argentine

Nous voilà dans la région des glaciers, à 500km d’Ushuaia (au nord d’Ushuaia hein, parce qu’au sud, c’est l’eau, l’eau froide et agitée…).

C’est el Campo de Hielo Patagonico, vestige de la dernière glaciation. Cette zone est couverte de glace et de neige et marque la frontière entre le Chili et l’Argentine. Elle est tellement grande qu’il s’agit de la 3ème réserve naturelle d’eau douce au monde, après l’Antarctique et le Groenland. Ça en fait de la glace ! La quasi totalité est classée en parcs nationaux ou au Patrimoine de l’Humanité. Les glaciers sont protégés donc, mais ça ne les empêche pas de reculer.

Première étape : El Chalten.

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Paradis des marcheurs. À 3h de bus d’El Calafate. C’est un petit village paisible avec des airs de bout du monde :

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On est ici dans le Parque National de los Glaciares, dans sa version la plus sympa : le parc est ici gratuit, les chemins de randonnées sont bien balisés et ils partent du village !

On y passe 5 nuits tellement c’est top.

Nos randonnées :

– Mirador Lago Torres. 18km A/R, 7h avec les pauses, 250m de dénivelé, facile.

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– Laguna de los Tres, qui offre la meilleure vue sur le Fitz Roy (ce gros truc pointu qui culmine à 3405m). 21km A/R, 8h au total, 750m de dénivelé. Les 450 derniers mètres de dénivelé sont par contre un peu plus durs. C’est raide et rocailleux. Et encore, on ne vous parle pas de la neige tassée et du verglas…

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– Cascade Chorillo del Salto. 7km A/R, 10m de dénivelé. Petite promenade de santé.

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Je vous laisse trouver JB

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– Loma del Pliegue Tumbado, qui offre une magnifique vue sur le massif. 22km A/R, 1000m de dénivelé en pente douce, moins de 8h A/R avec les pauses.

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En cas de vent, ici, il ne tombe pas que des branches, mais aussi des arbres entiers

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« Si c’est moi qui gagne j’ai une caravane, et tous mes potes y z’ont des pompes comme ça »

Le bon plan : on a dormi dans une maison Airbnb gérée par les adorables propriétaires du Spa Yaten. 40€ avec le petit déjeuner (pain maison !) et l’accès quotidien au spa. Et franchement, après 20 bornes, le jacuzzi face au Fitz Roy, ça déchire !

Deuxième étape : El Calafate.

On continue dans le Parc des Glaciers. Et des glaciers, on va en prendre plein la vue !

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Il y a ici une des merveilles du monde : le glacier Perito Moreno, qui termine sa course dans les belles eaux glaciaires (et glaciales) du Lago Argentino. Pour y accéder, très simple : situé à 1h de route d’El Calafate, tout un chemin de passerelles est aménagé face à lui. Des bâteaux s’en approchent également, et naviguer entre les petits icebergs, c’est plutôt marrant (tant qu’on n’est pas dans l’eau, ahah). Cette fois par contre, il faut payer l’entrée 800 pesos, soit 13€.
Immense, d’un bleu unique, on fait face à son mur de près de 70m de haut. Spectaculaire.

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Et y’a d’l’agitation là-dedans ! On est loin d’un long fleuve tranquille.

Il avance en hiver, et recule en été. Bref, ça pousse, ça se compacte, ça ruisselle, ça s’infiltre, ça fond, ça se fissure. Le glacier craque, tremble… des pans entiers se détachent et tombent de toute leur hauteur dans l’eau en un fracas, sous nos yeux ébahis.

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Et, cerise sur le gâteau, c’est un des rares glaciers au monde à ne pas reculer. Il est stable. En son centre il avance parfois de 3 mètres par jour. Et tout autant tombe dans le Lago. Quand on vous dit que y’a du mouvement, c’est que y’a du mouvement !

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Une autre option, pour ceux qui ne sont pas rassasiés : aller marcher sur le glacier. Promis, ça ne lui fait pas mal. Évidemment, comme on entend parler de crampons, on saute sur l’occasion. Bon, au final c’est plus une balade que de l’alpinisme hein. Mais ça permet de voir le Perito Moreno sous un autre angle. De découvrir ses séracs, ses formes, ses trous et fissures baignés d’un bleu intense. Une belle expérience.

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C’est simple, on a rarement fait autant de photos !

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Un petit mot sur… les Condors des Andes. C’est ici qu’ils se cachent tous !! Inutile de parcourir les hauts plateaux des Andes à leur recherche ; ils sont ici ! On en voit quelques-uns chaque jour, là, au dessus de nos têtes. Ils nous hypnotisent par leur vol si paisible et par leur majestueusité. El condor pasa, y un otro pasa…

Ah la Patagonie. Rien que le nom fait rêver non ? Nous en tout cas, on en rêvait !

Mais on imaginait ça comme une terre lointaine, accessible uniquement moyennant 5000 euros avec une agence de voyage. Que nenni ! Bon, c’est une terre lointaine, on ne vous le cache pas. Mais accessible, et pas si coûteuse que ça !

Ami lecteur, prends un vol Iberia pour Buenos Aires via Madrid, puis un autre pour El Calafate. Et sur place, armé du Routard, es muy facil ! Il y a des bons bus, des voitures de location, des bonnes routes, plein d’hébergements Airbnb, de la bonne bouffe, et des gens hyper sympas pour vous aider. Et même en se faisant bien plaisir, on est plus proche des 1000 ou 1500€ max pour 2 semaines par personne. Loin des 5000€ donc !

En Patagonie il faut juste prendre un petit détail en compte : le temps !!

C’est lui qui va décider de votre journée… En plein hiver, vers juin juillet, ça doit pas etre simple on vous prévient tout de suite. Le printemps nous a semblé pas mal, et c’est début octobre que tout commence à rouvrir. Il fait entre -5°C et 10°C, selon le ciel, le soleil et le vent (attention, le vent ici, c’est le vrai vent, celui qui vous donne une démarche de gars bourré et qui vous fait une coiffure surréaliste). Les cimes sont encore enneigées et les chemins sont praticables. Ils sont juste parfois un peu gelés ou boueux. Bon ça glisse quoi. Pour le coup, des bâtons de marche ça peut sauver d’une chute certaine et certainement douloureuse.

Pour finir, une petite pensée pour JB qui s’est levé plusieurs fois à 4h45 pour voir les matchs de la coupe du monde de rugby qui se déroule au Japon. Ah, si ça c’est pas de la passion…

Aller, Salud Chicos !

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Whisky on the ice (with the ice)
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L’Argentine du nord, des canyons, des vins et la douceur de vivre

Alors déjà, point important, on accueille un nouveau voyageur : dans la famille de JB, après la petite soeur, on demande le papa ! 😊👍

Bienvenidos au pays des empañadas, de la bonne viande, de la bonne bouffe, et surtout… du bon vin ! Pour l’équivalent de 6 euros, on trouve ici des vins aussi bons que nos Margaux (le Humanao 2014, on en salive encore)!

Salta
C’est une des plus grandes villes du nord de l’Argentine. Et c’est le point de départ de notre boucle en voiture de 7 jours !

C’est parti pour un peu plus de 1000 km sur des routes et chemins, à travers des paysages spectaculaires, de airbnb en airbnb. Et sans crevaison cette fois !

Le Road trip commence dans le nord. On y découvre : les ruines précolombiennes de la Pucara de Tilcara, les 14 couleurs de El Hornocal à 4200m (petite fraîcheur…), le salar Las Salinas Grandes (sur lequel JB est content de pouvoir rouler), les 7 couleurs de Pumamarca (où on est tous contents de pouvoir se dégourdir les pattes)… Bref, on va de merveilles en merveilles !

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On ajoute à la liste les sources chaudes de Los Reyes, à 35-38°C. Super top. C’est un policier qui nous les a conseillées lors d’un contrôle sur la route. On valide carrément le concept des flics-guides !

La suite nous mène au sud de Salta, à Cafayate. Le nom ne vous dit rien ?! On est dans une des principales zones vinicoles d’Argentine. Du Malbec, du Syrah, du Cabernet Sauvignon, du Tannat, du Grenache… Des vignes, en veux-tu en voilà ! De toutes les tailles, de toutes les formes. De belles parcelles, bordées par les collines. Ici il ne pleut que quelques jours par an, et même à la fin de l’hiver on arrive à un petit 30°C en journée. Le Paradis, j’vous l’dis ! On chercherait bien une bodega à acheter tiens.

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Le bonheur : écouter les Pink Floyd au coin du feu en buvant du Malbec en famille, le tout, en Argentine, of course !

Les routes entre Salta et Cafayate sont superbes, avec des quebradas aux couleurs et aux formes étonnantes.

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Après 20h de bus (si si…)…

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C’est sur qu’après ça, on ne nous croira plus jamais avec nos bus pourris…

… On poursuit notre route dans la région de Mendoza (au milieu des vignobles tiens, quel heureux hasard), l’occasion pour nous d’aller admirer le Monstre des Andes : l’Aconcagua ! 6962m. On arrondit à 7000 pour les alpinistes ou plutôt andinistes.

Pour l’ascension on repassera : le permis coûte 1000 dollars, on ne peut monter qu’entre novembre et mars, et il faut presque 2 semaines, avec les marches d’approche et d’acclimatation. Et puis c’est sûrement un peu dur. Bref, on l’admire d’en bas, depuis le secteur de la laguna Horcones.

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La face sud, un « mur » de près de 4000m!
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Il est comme ça JB, il marche sur l’eau

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Un petit mot sur… Le peso Argentin.

On ne rentrera pas dans les détails, mais l’économie du pays va mal. Tellement mal qu’en août, le peso a (encore) perdu 50% de sa valeur. En juillet, 1 euro vallait aux alentours de 40 pesos, et désormais 1 euro vaut 62 pesos (et il y a 2 ans, 1 euro équivalait à 20 pesos…).

Alors notre pouvoir d’achat se porte évidemment très bien, d’autant que les prix n’ont pas encore trop augmenté. On a seulement un peu mal quand on retire de l’argent en banque : le retrait max est de 4000 pesos (66 euros) et les banques prennent des frais jusqu’à 575 pesos (15% de frais !), quand encore il y a de l’argent au distributeur… Seule solution, venir avec des dollars et les changer dans le pays, à un taux supérieur au taux officiel. Bref, on se dit une fois de plus qu’on est bien lotis en France…

Sur ce, on retourne à nos activités … 😉

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