Publié dans Colombie

Medellín et ses environs

Plata o plomo. L’argent ou le plomb. On vous laisse deviner qu’il ne s’agit pas uniquement d’une histoire de métaux.

En 1991, Medellín était une des villes les plus dangereuses au monde, avec un nombre record de 390 homocides pour 100 000 habitants. Pour comparer, en France, le taux d’homicides est inférieur à 1/100 000 habitants. Il atteint 100 à 110 pour 100 000 habitants dans des villes comme Caracas, Los Cabos ou Tijuana.
Mais depuis, Escobar est mort, et la ville a bien changé (son taux d’homicides a chuté de 95%). Et son quartier Comuna 13 est devenu un lieu où il fait bon flâner.

Medellín, perchée à 1500 mètres et entourée de collines verdoyantes dans lesquelles les quartiers excentrés se développent, a un style unique avec ses maisons et immeubles en briques rouges (où monter un business de ravalement de façades serait un bon plan). Le climat est agréable, il y a le métro, un bon réseau de bus, des funiculaires au même prix que le bus, et l’eau du robinet est potable !
On y dort chez l’habitant, on s’y promène à pied et en vélo.

Jardín

A 100km au sud de Medellín.
Voilà un jardin où on poserait bien nos sacs un peu plus longtemps.
C’est un village paumé comme on les aime.
Quelques ruelles charmantes et hautes en couleur, peu de monde, une superbe place centrale où on sirote nos jus de fruits frais, une basilique surprenante et fascinante, et pas mal de petits restaurants.

Pour le 1er jour, motivés et GPS en main, nous partons pour une petite rando de 9km, qui nous permet de profiter du vert de la région, et d’une belle vue sur la ville.


Le deuxième jour, attention coup de coeur, nous prenons le véhicule local, la chiva, pour découvrir une plantation de café à quelques kilomètres : La Finca Los Angeles.

Cette Finca est un petit coin de paradis.

La plantation appartenait autrefois aux grands-parents, puis aux parents, et elle est maintenant entre les mains expertes d’Andres et d’Angela. Et ces deux là sont d’une gentillesse incroyable. Ils vivent de la vente de leur café (of course) et du tourisme. Et ils se nourrissent des nombreux fruits et légumes de leur jardin, des oeufs de leurs poules et du lait de leur vache. Malgré les tourments vécus par la Colombie, ils disent qu’ici, ils n’ont jamais connu la violence. Ils ne sont « ni pauvres ni riches », ils vivent simplement. Ils nous expliquent, nous racontent, nous montrent, nous font faire, nous font goûter…

Un de nos meilleurs moments, on vous l’dit !

La Colombie, principalement grâce à sa « Zona Cafetera » est le 3ème producteur mondial de café. À la différence du Brésil et du Viêtnam (les 1ers producteurs), le pays ne produit pas du Robusta, mais de l’Arabica, plus fin. Les caféiers poussent entre 1200 et 2000 mètres. Le relief est tel que les machines ne passent pas et que les baies sont récoltées majoritairement à la main. Bizarrement, et même si les choses changent, les Colombiens boivent peu de café. Tout part pour l’exportation.

Les caféiers fleurissent principalement entre janvier et mars et il faut 9 mois pour que les baies de café deviennent rouges, et soient récoltées entre octobre et décembre. Le reste de l’année, il y a peu de café. Les producteurs font donc généralement pousser d’autres choses, comme des bananes, pour arrondir les fins de mois.

Le fruit est ensuite passé dans une machine permettant d’en enlever leur enveloppe, et d’obtenir deux grains. Ces derniers sont laissés à la fermentation une vingtaine d’heures (plus longtemps, ils deviennent amers), puis séchés au soleil une petite semaine, puis ils partent généralement dans une coopérative. Là, ils sont débarrassés de leur coque, et torréfiés. Les grains de moins bonne qualité (pas mûrs…) servent à l’élaboration des cafés instantanés.

Voilà notre dernier article sur la Colombie, qu’on a découverte avec plaisir. Nous sommes depuis 10 jours au Pérou, mais le wifi n’est pas terrible, les journées bien chargées, et avec 14°C max dans la chambre (si si…) j’ai un peu de mal à écrire 😉 alors les articles prennent du retard, tu nous excuseras ami lecteur.

Publié dans Colombie

De la colorée Cartagena au bleu des îles de Colombie

Cartagène des Indes, au nord-ouest de la Colombie, sur la côte caribéenne, nous accueille sous un bon 30 degrés humide, en pleine période de canicule en France, on compatit !
La ville était autrefois l’un des plus grands ports espagnols du « Nouveau Monde ». Vestiges de cette période, un grand fort trône en son centre, des fortifications entourent la ville historique, et les maisons ont gardé un aspect colonial.

Petit coup de cœur pour les couleurs de certaines d’entre elles !

Bon, Cartagène est désormais une grande destination touristique des States, et des vendeurs rabatteurs vous sautent dessus dès que vous sortez, mais le charme persiste, ouf !

Les îles de San Andres et de Providencia

Elles sont perdues à quelque chose comme 700 km des côtes de la Colombie, près du Nicaragua, dans la mer des Caraïbes. À se demander pourquoi elles appartiennent à la Colombie ! D’ailleurs, le Nicaragua les revendique encore…

San Andres est la plus grande des deux îles, il faut prendre un vol depuis le continent pour y arriver.
Providencia, plus petite, est accessible en bateau ou en avion depuis San Andres.
On aurait tendance à conseiller d’opter pour l’avion, parce que le petit catamaran à moteur…

A l’aller on a eu droit à une mer un peu agitée, avec des creux de 4 ou 5 mètres. C’est un peu comme les manèges de Disney voyez-vous. Sauf que Indiana Jones, c’est rigolo 5 ou 10 minutes, pas 4h. Pas mal de gens ont vomi leur p’tit dej, même Céc (pathétique…) qui jure qu’elle n’a jamais été malade en bateau (JB lui, ça allait, il se marrait…). Céc précise d’ailleurs « put*** 6 mois à vivre des trucs à la con, bah le voilà mon pire moment de voyage ! ».

Ces deux îles sont un monde à part. Anciennes colonies britanniques, les gens parlent là-bas un créole mélange d’anglais et d’espagnol, un peu perturbant. C’est ambiance reggae, à la cool. On ne croise pas d’uniforme, beaucoup de voitures n’ont même pas de plaque d’immatriculation, les gens roulent sans casque, et les gens à scooters proposent aux piétons de les avancer sur leur chemin (enfin, a priori ça marche pour Céc seule, pas pour JB…).

On y trouve des eaux turquoises, plutôt calmes, à 28 degrés disons, et, un peu plus loin, une belle barrière de corail de 32km. La zone est une biosphère (Seaflower) protégée. D’ailleurs, pour y rentrer, on doit s’acquiter d’une Tourist Card de 110 000 pesos (30 euros), gloups.

Au programme :
Une journée scooter sur chaque île (c’est petit ici, on a vite fait le tour !),
Le niveau advanced de plongée pour JB, qui plonge jusqu’à 37 mètres, avec Felipe Diving Center (900 000 pesos, 250 euros, pas cher pas cher, mais à la cool hein, pas archi rigoureux, et même pas besoin de passer les tests obligatoires…),
Farniente et lecture sur la plage. On ne fait rien, mais on s’applique !

Publié dans Colombie

La fabuleuse Ciudad Perdida

Teyuna pour les locaux.
Ou la Ville Perdue en français.
Alors là, pour être perdue, elle est perdue !

Du genre il faut 4 jours de marche pour s’y rendre et en revenir. 4 jours dans la forêt tropicale humide, entre 25 et 35°C. Ça monte et ça descend (le trek commence à 150m et la Ciudad est à 1200m), c’est au pas de course, nuits en camps avec lits en enfilade, douches froides, aucun réseau, réveils à 5h tous les matins…

Mais, croyez-nous ou non, ça fait une belle expérience, loin de tout, et ça vide la tête. Le truc dont on a tous besoin. Bon, ça vide les jambes de leurs forces, le corps de son eau et de ses minéraux (tu sues comme jamais quoi) et les poumons de leur air aussi…

C’est un trek de 46 kilomètres environ, au milieu de la jungle et des monts de la Sierra Nevada au nord-est du pays. Nous passons par des chemins utilisés depuis des centaines d’années par les populations.

On traverse d’abord les terres de paysans, puis les terres de minorités ethniques telles que les Wiwas (avec lesquels on pourra échanger un peu) ou les Kogis (plus reculés, qu’on ne croisera pas). Ces derniers nous rappellent un intéressant reportage avec Thomas Pesquet. On a beaucoup à apprendre d’eux et on pourrait se demander s’ils n’ont pas une leçon de bonheur à nous donner.

Le 1er jour, après 4h de marche, on arrive au 1er camps trempés de sueur. Glamour. Chacun étend ses affaires mouillées sur de grands fils à linge. C’est en vain mes amis. Ça ne sèchera pas du tout, trop humide dans l’coin. Le lendemain, on enfilera donc un pantacourt et un tee shirt mouillés…

Tout sèchera à peu près dans la journée avec le soleil… Jusqu’à ce qu’une pluie battante s’abatte sur nous dans l’après-midi, et nous suive pendant 1h30 2h. Attention, on ne parle pas de la petite bruine (bretonne…) mais de la bonne averse tropicale.
Le chemin devient glissant, boueux, les flaques deviennent des mares, des ruisseaux apparaissent sous nos pieds, des cascades surgissent au dessus de nos têtes, et la rivière devient un monstre rugissant. Le déluge, Noé et sa barque en moins.
On arrive à protéger les sacs, mais pas le reste. Le short est à essorer, et les chaussures Goretex ne sont plus vraiment Goretex. Au bout de 30 min le pied fait « splotsh » dedans, et ça ne s’arrange pas quand, harassés, on traverse la rivière avec…

(avec, en bas, la même rivière pendant l’averse et le lendemain…)

Bref, le 1er jour vous vous demandez pourquoi vous êtes là, le deuxième jour vous vous demandez pourquoi vous avez payé pour ça 😉

Mais le 3ème jour, après 1h de montée, vous arrivez, ô joie, à la Ciudad Perdida. Et ma foi, quelle merveille !!

Des terrasses apparaissent au milieu de la forêt, avec les ronds en pierre indiquant où se trouvaient autrefois les maisons. L’endroit est magique.

L’après-midi est en mode petit trail, histoire d’être sûrs d’arriver avant la pluie (on ne nous la fait pas deux fois !).
Le dernier jour, on doit avouer que les jambes fatiguent un peu et que la route nous paraît un peu longue.

Bilan :

Jour 1 : 4h de marche (avec les pauses hein ! on n’avance pas vraiment à 2km/h), 8,2km
Jour 2 : 6h de marche, 13,5 km
Jour 3 : 5h de marche, et visite de la Ciudad Perdida, 11,1km
Jour 4 : 6h de marche, 14,2km

Côté pratique, on est partis avec Magic Tour, et c’était top. Nous étions un groupe de 12 personnes, avec deux guides, Pedro et Jerry, un peu en mode colo. Et d’ailleurs, quand les potes de la colo t’applaudissent à l’arrivée, c’est chouette. Niveau prix, aucune négociation possible, et les agences s’alignent entre elles. 300 euros le machin (on va en manger des pâtes !), mais on ne regrette pas du tout. Et on se rassure en sachant qu’une partie est reversée aux locaux, en particulier aux paysans qui ont ainsi pu arrêter leurs cultures de marijuana et de coca.

Et la petite histoire ?!

La Ciudad Perdida date du 3ème siècle après JC. La ville sacrée telle qu’on peut la deviner, avec ses terrasses, est un peu plus récente (l’an 1200 environ). Elle prospère jusqu’en 1502, quand les Colons débarquent. Ils commencent à vendre des tas de choses (nourriture…) contre l’or. Quand de nouvelles maladies, méconnues en « Amérique », apparaissent, les communautés coupent ce commerce. Les Colons finissent donc par utiliser la force, face à des populations pas vraiment armées. Les cités de la Sierra Nevada sont peu à peu abandonnées entre 1580 et 1650. Voilà la triste histoire des Européens dont les nouvelles maladies ont fait disparaître une bonne partie de la population locale, et dont la soif d’or s’est chargée de mettre fin à des civilisations (pré colombiennes, incas…) entières.

Oubliée de tous (sauf des communautés locales, petits cachottiers ! ) la Ciudad est redécouverte en 1972 par deux paysans. Débute alors une bonne série de pillages de l’or et des pierres des tombes, jusqu’en 1975 où un homme fini par prévenir le gouvernement. Bien le merci à lui !

En 1981, après restauration d’une partie, elle est ouverte au public. Malgré quelques péripéties dues aux FARC et autres, le site est maintenant sûr, même s’il est encore sous surveillance militaire. Mais le chemin est tel que peu de touristes s’y rendent (entre 50 et 100 par jour disons). Et c’est bien comme ça, on n’aimerait pas y voir une route apparaître. Laissons-la « perdida« .