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La boucle de Thakhek, ou 3 jours en scoooter !

Thakhek est un petit bourg, au centre du pays, bordé à l’ouest par le Mekong. En face, sur l’autre rive, une ville avec des petits temples. Tiens, ce ne serait pas la Thaïlande, si proche de nous ?!

Depuis Thakhek on peut faire une boucle en scooter. Un peu comme dans le nord de la Thaïlande, mais cette fois, la route est plus agréable, pas de virages de montagne sans fin.

1er jour, on roule entre les rizières et les massifs karstiques. Oui, encore eux ! Mais c’est si beau !

Dans certains se cachent de petites grottes.

On fait un stop à la centrale hydroélectrique de Nam Theun 2 (oh, ça va hein, pas de commentaire ! Et merci Bastien pour le tuyau #1 😉). On y apprend plein de choses intéressantes : la construction du « lac » artificiel, les barrages associés et la gestion du niveau, les moyens utilisés pour ré-aérer l’eau venant des turbines… L’usine produit 1070MW : 1000MW sont distribués vers la Thaïlande et 70MW servent au Laos (qui n’a pas l’air de consommer beaucoup, mais dont la majorité de la production provient des centrales hydroélectriques…). Et on fait une super visite en français (partenariat EDF oblige 😉) qui nous conduit jusqu’en salle de commande.

2ème jour, pas très pressés, on traîne à la Cool Spring, dont les eaux fraîches font du bien.

3ème jour, on part pour la grotte de Kong Lor. Elle fait 7,5km!

Il faut plus d’une heure de barque avant de retrouver la lumière du jour de l’autre côté !

Alors, on vous rassure, ce n’est pas plus oppressant que le duplex de l’A86. Amis clostrophobes, faites comme Céc, débranchez le cerveau ! Et profitez ! C’est une sacrée sensation.
On vous parle du scooter qui prend l’eau ?

On confirme d’ailleurs qu’on peut mettre le scooter sur le bateau, voici les prix pour infos (merci Bastien pour le tuyau #2).

La traversée nous permet de rejoindre ensuite une route de terre, qui passe, pendant 2h, dans des charmants petits villages. Les gens y sont tellement souriants, la vie y est si paisible !

On se redirige ensuite à nouveau vers Thakhek. La pluie menace et le conducteur est fatigué. Ça, c’est parce qu’on a voulu prendre un raccourci à un moment, et qu’on a fait une petite heure de Motocross… Maps.me disait que c’était une route. C’était clairement même pas un chemin. Quand au bout de 6km on a commencé à s’embourber, on a fait demi tour. Mais on peut désormais dire que JB sait rouler partout avec un scooter, sans jamais tomber.

On profite de cet article pour vous vanter une fois encore ce petit pays.
Alors vous me direz que ça ne vaut pas certains paysages, qu’il n’y a pas forcément de monuments de ouf, de truc époustouflant…

Bah détrompez vous. Ce pays est méconnu, et a pourtant beaucoup à offrir.

Car le Laos en lui-même est une jolie carte postale, avec ses monts et leurs falaises abruptes tranchant avec les rizières, avec ses rivières au dessus desquelles le soleil se couche dans un voile, avec sa végétation si dense et ses forêts d’où s’élève la brume à l’aube, avec ses villages de maisons de bois où tout semble vivre en harmonie.
À de nombreux endroits, on a juste envie de s’arrêter et de poser nos valises.
Quelle superbe découverte !

Maintenant, nous sommes arrivés au Cambodge. On vous écrit ce mot doux depuis le bord d’une fantastique piscine quelque part à Siem Reap. La suite au prochain article.

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Le Nord du Laos

Ou pourquoi on est tombés sous le charme de ce pays…

Déjà on vous met une carte en cadeau (merci le Routard) pour que vous puissiez nous suivre ! À vous de chercher les villes par contre.

Nong Khiaw et Muang Ngoi. On vous rassure, nous non plus on n’arrive toujours pas à les prononcer correctement.

Nong Khiaw est enclavée au milieu des massifs karstiques. C’est la détente absolue, surtout dans notre hôtel flottant.
Au programme :
Contemplation de la rivière Ou (ça nous amuse encore ce nom !),
Radeau sur l’Ou 😉 (qui n’avance pas, on ne voit vraiment pas pourquoi…),

Balade au point de vue à l’ouest de la ville pour admirer le lever des brumes matinales. Comptez une 1h pour monter, et ça monte dare dare. Mais c’est magnifique !

Balade au 2nd point de vue, connu pour son superbe coucher de soleil, situé vers le centre. Là aussi, 1h de montée (même si le panneau indiquait 1h30), plus cool cette fois, et 45 minutes pour redescendre à la frontale.

Muang Ngoi est à une heure de bateau, et est une bonne illustration du bout du monde. En marchant 1h30 (5km) on atteint le village de Ban Na, perdu au milieu des rizières. Les paysages en chemin méritent bien cette bonne marche sous un soleil de plomb.

Luang Prabang.

Certains vous diront que cette ville a des airs de DisneyLand. Bon déjà c’est pas vrai, y’a beaucoup moins de touristes et on n’a pas vu Mickey. Pour le reste, oui, le centre classé à l’Unesco ressemble à Disney Village. Mais soyons honnêtes, c’est chouette !

Luang Prabang est l’occasion d’une jolie promenade en ville, et de goûter à de bons croissants (héritage français).

On s’offre un moment de détente au centre de massages de la Croix Rouge, 5euros l’heure. Niveau intimité et hygiène on repassera, et pour le prix on n’aura pas droit au sourire de la dame. Mais qu’importe, il est quand même vachement bien le massage !

On loue aussi un scooter pour aller voir les chutes d’eau de Kuang Si.

Au passage on s’arrête devant le Mékong, à une ferme à papillons super intéressante, et à une ferme de buffles où on dévore un yaourt et des glaces au bon lait de bufflonne !

Notre parcours au nord s’achève à Vang Vieng.
Le bloc et la magnésie nous manquent, on part donc pour une super journée escalade ! JB atteint un 6a+ de 20 mètres, et Céc un 5a de 20 mètres.

Céc : eh j’ai monté la moitié du 6a ! – JB : ouais ça fait 3. – Bon vu comme ça...

Maintenant, place à la Minute culture mes amis !

Quel pays a été le plus bombardé au monde (toutes guerres confondues, par rapport au nombre d’habitants)?
Roulement de tambours (sans grand suspens je vous l’accorde)…
Le Laos ! Tiens, encore une info qui n’était pas dans nos livres d’école.

Durant la guerre du Viêtnam entre 1964 et 1973, les américains ont lâché sur le Laos 2 à 2,5 millions de tonnes de bombes. C’est plus que ce qui a été utilisé pendant la 2nde guerre. Ça fait 270 millions de bombes, un bombardement toutes les 7/8 minutes, 50 000 victimes (dont 40 % de blessés…).
Ils n’avaient rien contre le Laos, ils en avaient après la Piste Ho Chi Minh, ces routes qui servaient à ravitailler, depuis le nord, les miliciens combattant au sud du Viêtnam.
Ça c’est la 1ère partie de l’histoire.

La seconde concerne les 30 % de bombes qui n’ont pas explosé. Elles causent en moyenne une victime par jour, encore 50 ans après.
Depuis des années un service de près de 1000 personnes est chargé de les désamorcer. Il s’agit de l’UXOLAO financé en partie par différents pays dont la France et les USA of course. Ils passent au peigne fin (au plutôt au détecteur de métaux) des parcelles de terre, notent des emplacements des bombes et les font exploser. En 15 ans, ils n’ont trouvé que 0,5% des bombes restantes. Faute de pouvoir aller plus vite, ils vont aussi de villages en villages, pour expliquer aux enfants de ne pas jouer avec les bombes…

On apprend tout cela dans un petit Centre d’information en ville. Curieusement l’entrée y est gratuite (donation bienvenue ! ), alors que l’autre jour on a dû payer pour se promener sur un chemin, pour marcher sur un pont et pour aller voir une cascade. Le monde ne tourne pas toujours aussi rond qu’on le voudrait…
Maintenant, les bombes servent d’étranges décorations extérieures et leur métal est utilisé pour façonner de petits objets.

On dit coucou à la colombe de la paix, et on vous souhaite une merveilleuse journée.

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La réserve de Nam Tha. Marche et admire !

Le Laos !
Au premier abord, il nous surprend avec ses routes abîmées ou faites en terre battue, qui dégagent une poussière qui se dépose partout, inlassablement.
Avec, dans certains villages, ses maisons en bois ou en bambous, et les cochons, chèvres, poules, se promenant tranquillement dans les rues. Et où certaines communautés vivent bien loin de nos coutumes et de notre modernité.

On y apprend la patience, la vraie, en mettant 9h pour faire 300km (dont 2h30 de mécanique et 5h à se demander si ça va tenir jusqu’au bout leur remplacement de courroie, surtout quand on le voit faire des appoints d’huile et arroser le moteur).

Et fini les bus toutes les heures pour n’importe où, ici c’est 1 à 2 bus par jour, le confort en option, et pas à plus de 50km/h.
Le Laos semble vouloir nous secouer, et nous donner, dès les premiers jours, une leçon de simplicité peut-être.

Pour la deuxième leçon ce sera « marche, rame et admire ». On vous parle de notre trek de 3 jours dans la jungle de la réserve naturelle protégée de Nam Tha, au nord ouest du pays.
On ne savait pas vraiment à quoi s’en tenir. Il était question de 2 jours de marche et d’un jour de canoë et de dormir dans des campements. Vendu !

Le premier jour on marche 12km, en 7h avec les pauses (et à un rythme cool l’ami, c’est les vacances !).

Ça monte, ça descend, ça serpente dans les collines.

Le midi, pause déjeuner, les guides nous déposent du riz collant, des légumes, de l’omelette et de la sauce cacahuètes (on en bave encore tiens !) sur des feuilles de palmiers par terre. Voilà, on chipote pas, et on mange avec nos doigts !

Le soir, après cette bonne journée, on est contents d’arriver au campement.

On se lave dans l’eau de la rivière, on dîne sur une grande table en bois à la bougie dehors, et pipi c’est entre 4 murs de bambous au fond du jardin. On dort dans une cabane en bois, dans des sortes de lits de camps, sous des moustiquaires, bien emmitouflés dans nos sacs de couchage. Et on se les gèle toute la nuit ! Il doit faire 12 ou 13 degrés, et cette humidité tropicale rend les choses encore plus compliquées !

Au petit déjeuner, café dans une tasse de bambou, et riz collant oeufs brouillés, près du feu, pendant que les guides cuisinent pour la journée.

Le deuxième jour on marche pendant 5h dans la forêt, pour arriver à notre deuxième campement.

Pendant la soirée, un gars arrive avec des bières, un guide sort de l’alcool de la riz et un autre un jeu de cartes (le jeu d’alcooliques : tu pioches un 3, un 6 ou un 9, tu bois un shot, un As, tu fais boire quelqu’un), et un chasseur débarque avec deux écureuils (en haut à droite de la photo). On vous précise que ce n’est pas fou l’écureuil, y’a peu de viande et beaucoup d’os, et c’est un peu fade.

Ici, idem, on se lave dans la rivière, mais cette fois, pipi c’est derrière un arbre (ou où tu veux à la nuit tombée), et pour dormir on se contentera d’un lit de camps et d’un toit tout pourri en feuilles. Même pas de moustiquaire pour se protéger des araignées… Mais cette fois on ne se fait pas avoir, on enfilera tous les vêtements qu’on a pour avoir moins froid. Et malgré tout, on fait une bonne nuit de 8h !

Troisième jour, après un réveil plus difficile pour nos guides, on part pour 5h de canoë au milieu de la jungle. La rivière est tantôt calme, tantôt avec des rapides qui arrosent, c’est top. Et ça repose nos pieds fatigués !

Maintenant vous nous demanderez, les yeux étonnés : « mais pourquoi se faire chier à dormir n’importe où, à se laver les dents avec l’eau de la rivière, à marcher autant, et à bouffer du riz matin midi et soir avec ses doigts sales ?« .
Alors déjà, parce que c’est marrant !
Ensuite, parce que, après, on apprecie grandement des choses simples (une douche chaude, une couette, s’asseoir sur des WC…). Et parce que ça renforce nos défenses immunitaires au passage !
Et pour finir, et c’est bien le primordial, parce que cette réserve est splendide ! Selon les versants on a traversé des forêts tropicales humides et denses, avec des portions qui semblaient primaires, des forêts à tendance plus sèches, des forêts de bambous…

Les rivières qui la traversent rendent les paysages magnifiques.

Et la brume qui s’élève lentement des cimes à l’aube rend l’endroit féerique !

Le bon plan : on est passés par l’agence Forest Retraet Laos, pour 190 euros env les 3 jours à 2. Nous étions avec 3 belges francophones (qu’on retrouvera avec plaisir 2 jours plus tard à 300km de là !) et 3 guides. Les guides sont capables de fabriquer n’importe quoi dans la forêt : un verre, un lit, des baguettes en bambous, une table… Ils savent quelles plantes et quelles fourmis manger, ou pas. Bref, plein de trucs plus utiles que certains cours de maths !